Liste rouge de l'UICN 2026 : grands fonds marins menacés et leçons d'espoir pour la biodiversité

Liste rouge de l’UICN 2026 : grands fonds marins menacés et leçons d’espoir pour la biodiversité

Cet été 2026, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a publié la révision annuelle de sa célèbre Liste rouge des espèces menacées. Sur les 175 909 espèces désormais évaluées à l’échelle mondiale, plus de 49 500 sont considérées comme menacées d’extinction, soit plus de 28 % du vivant recensé. Cette mise à jour met en lumière des écosystèmes méconnus mais fortement exposés aux pressions industrielles, en particulier les abysses océaniques et les milieux côtiers arides.

Les écosystèmes des abysses sous la menace de l’exploitation minière

L’un des enseignements majeurs de ce bilan concerne les zones hydrothermales des grands fonds marins. Les sources hydrothermales — ces cheminées géothermiques situées au fond des océans qui expulsent de l’eau surchauffée et chargée en minéraux — abritent des faunes extraordinaires et hautement spécialisées. Beaucoup d’entre elles sont des espèces endémiques, ce qui signifie qu’elles n’existent nulle part ailleurs sur notre planète.

L’évaluation de l’UICN révèle que plus de 60 % des espèces de mollusques vivant exclusivement autour de ces sources thermales sont aujourd’hui menacées d’extinction. La cause principale réside dans les prospections liées à l’exploitation minière sous-marine, qui visent à extraire des métaux rares du plancher océanique. Ces opérations perturbent le sol marin et génèrent des panaches de sédiments — des nuages de particules soulevées dans l’eau — susceptibles d’étouffer ces organismes fixés ou peu mobiles. L’escargot abyssal Lirapex felix, dont l’habitat dans l’océan Indien se situe au cœur de concessions minières, est ainsi directement entré dans la catégorie « En danger critique ».

Sources hydrothermales et écosystèmes des grands fonds marins
Les sources hydrothermales abyssales abritent une faune unique vulnérable aux perturbations causées par les prospections minières. (Photo : Caroline O.marcel sur Pexels.)

Des déserts aux côtes : quand l’extraction industrielle détruit les habitats

La pression extractive ne touche pas uniquement les profondeurs océaniques. Sur terre, l’expansion industrielle fragilise également des espèces adaptées à des milieux très spécifiques. C’est le cas de la grenouille pluie du désert (Breviceps macrops), un petit amphibien vivant dans les dunes côtières de Namibie et d’Afrique du Sud, dont le statut s’est dégradé vers la catégorie « Vulnérable ». L’extraction de diamants et le développement d’infrastructures côtières provoquent la fragmentation des habitats, c’est-à-dire le morcellement de leur territoire naturel en zones isolées, rendant leur survie incertaine.

Comme le rappelle Photo : Andreas Berget sur Pexels.

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Sources

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