Protection des océans : le Traité sur la haute mer entre enfin dans sa phase d'action

Protection des océans : le Traité sur la haute mer entre enfin dans sa phase d’action

Un vide juridique enfin comblé dans les eaux internationales

Pendant des décennies, près de la moitié de la surface de notre planète a souffert d’une absence presque totale de protection juridique ciblée. La haute mer, c’est-à-dire les zones maritimes situées au-delà des zones économiques exclusives (ZEE) de chaque État (généralement fixées jusqu’à 200 milles marins, soit environ 370 kilomètres des côtes), représentait un immense espace de liberté d’exploitation. Cette situation a favorisé le développement de la surpêche, de la pollution et des perturbations environnementales répétées.

Le nouvel Accord BBNJ (un acronyme anglais signifiant Biodiversity Beyond National Jurisdiction, ou biodiversité marine au-delà des juridictions nationales), adopté sous l’égide des Nations unies, a franchi cette année le seuil décisif des 60 ratifications indispensables à son entrée en vigueur effective. Pour la première fois de l’histoire du droit international, les gouvernements disposent d’un cadre légal contraignant pour gérer et préserver collectivement les deux tiers des océans du monde.

Récif corallien et biodiversité en haute mer
La haute mer couvre près de 64 % de la surface des océans et héberge une vie sous-marine exceptionnelle mais vulnérable. (Photo : Christian Alemu sur Pexels.)

Des outils concrets pour préserver la biodiversité sous-marine

L’une des avancées majeures apportées par l’Accord BBNJ réside dans la capacité de créer des Aires marines protégées (AMP) en haute mer. Une aire marine protégée est une zone géographique délimitée dans laquelle les activités humaines risquant d’endommager l’écosystème — telles que la pêche industrielle destructrice ou l’extraction minière — sont strictement encadrées ou tout simplement interdites.

Jusqu’alors, seuls 1 % environ des eaux internationales bénéficiaient d’une mesure de protection. Le traité fixe désormais des mécanismes clairs pour soumettre et valider des projets de sanctuaires marins lors des Conférences des Parties (COP) à venir. De plus, l’accord rend obligatoire la réalisation d’Évaluations d’impact sur l’environnement (EIE). Ces études scientifiques préalables visent à analyser minutieusement les conséquences écologiques potentielles de toute nouvelle activité industrielle ou d’exploration sous-marine avant qu’elle ne soit autorisée.

Baleine nageant dans les profondeurs de l'océan
La création de sanctuaires sous-marins internationaux permet de préserver les routes migratoires des grands mammifères marins. (Photo : Ben Phillips sur Pexels.)

Entre espoirs de conservation et défis de mise en œuvre

L’entrée en vigueur de ce texte mondial constitue une étape importante, saluée par de nombreux diplomates et responsables institutionnels. Le Secrétaire général des Nations unies, Photo : wewe yang sur Pexels.

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Sources

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