L’extension illicite du terme majeur et du terme mineur : quand la conclusion dit plus que les prémisses

« Tous les chiens sont des mammifères. Aucun chat n’est un chien. Donc aucun chat n’est un mammifère. » Les deux prémisses sont vraies, la forme ressemble à un syllogisme en bonne et due forme – et pourtant la conclusion est fausse. L’erreur : la conclusion affirme davantage que ce que les prémisses autorisent réellement. C’est le paralogisme de l’extension illicite, une erreur formelle involontaire qui touche soit le terme majeur, soit le terme mineur du syllogisme.

Qu’est-ce que l’extension illicite ?

Dans un syllogisme catégorique, chaque terme (majeur, mineur, moyen) est soit distribué dans une proposition – il désigne alors la totalité de sa classe – soit non distribué – il n’en désigne qu’une partie indéterminée. Une règle simple garantit la validité du syllogisme : un terme ne peut pas être distribué dans la conclusion s’il ne l’était pas déjà dans la prémisse où il apparaît. Autrement dit, la conclusion ne peut pas « dire plus » sur un terme que ce que sa prémisse affirmait.

Quand cette règle est violée pour le terme majeur (celui qui forme le prédicat de la conclusion), on parle d’extension illicite du terme majeur. Quand elle l’est pour le terme mineur (le sujet de la conclusion), on parle d’extension illicite du terme mineur. Les deux variantes partagent le même mécanisme : une conclusion universelle tirée d’une prémisse qui ne concernait qu’une partie de la classe.

Les deux variantes, en détail

1. L’extension illicite du terme majeur

« Tous les chiens sont des mammifères. Aucun chat n’est un chien. Donc aucun chat n’est un mammifère. » Le terme majeur, « mammifères », n’est pas distribué dans la prémisse majeure (« tous les chiens sont des mammifères » ne dit rien sur la totalité des mammifères, seulement sur les chiens). Mais la conclusion, « aucun chat n’est un mammifère », distribue bien « mammifères » – elle affirme quelque chose sur la totalité de la classe. La conclusion va plus loin que ce que la prémisse autorisait : de nombreux mammifères (chats compris) existent en dehors des chiens.

2. L’extension illicite du terme mineur

« Tous les chats sont des félins. Tous les chats sont des mammifères. Donc tous les mammifères sont des félins. » Ici, le terme mineur est « mammifères ». Dans la prémisse mineure, il n’est pas distribué (« tous les chats sont des mammifères » ne parle que des chats, pas de tous les mammifères). Mais la conclusion, « tous les mammifères sont des félins », en fait le sujet d’une affirmation universelle : elle le distribue. Résultat : une généralisation à toute la classe des mammifères, alors que seul le cas des chats était connu.

Comment l’éviter

Avant d’accepter une conclusion syllogistique, vérifiez que chaque terme qu’elle distribue (sujet ou prédicat d’une proposition universelle, ou les deux dans une proposition négative) était déjà distribué dans la prémisse où il figurait. Si la conclusion généralise sur un terme que sa prémisse ne mentionnait que partiellement, le raisonnement est invalide, même si les deux prémisses sont vraies.

Avez-vous déjà croisé ce genre de généralisation déguisée en syllogisme ? Partagez vos exemples en commentaire !

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Sources

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