Santé des sols en Europe : la directive européenne entre en phase d'action avec le projet SoilHarmony

Santé des sols en Europe : la directive européenne entre en phase d’action avec le projet SoilHarmony

Une avancée historique pour le socle invisible de notre environnement

Pendant des décennies, l’Union européenne s’est dotée de réglementations strictes pour protéger la qualité de l’air ou assainir les eaux douces, mais la terre sous nos pieds restait la grande oubliée des politiques environnementales continentales. Ce retard juridique est désormais en passe d’être comblé. Après l’entrée en vigueur de la directive européenne sur la surveillance et la résilience des sols (Directive UE 2025/2360), les institutions scientifiques et environnementales passent à la vitesse supérieure.

Le 17 septembre 2026 s’est tenue à Orléans la réunion de lancement officiel du projet européen SoilHarmony. Coordonné par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), cet ambitieux programme scientifique réunit 28 partenaires issus de 21 pays européens. Son objectif principal : concrétiser la surveillance partagée des sols et permettre d’évaluer scientifiquement l’état de santé de nos terres sur l’ensemble du continent.

Une poignée de terre fertile et riche en biodiversité
Le sol abrite plus de 25 % de la biodiversité mondiale et assure le fonctionnement de nos écosystèmes terrestres. (Photo : Sippakorn Yamkasikorn sur Pexels.)

Pourquoi les sols européens sont-ils en péril ?

Les chiffres publiés par l’Observatoire européen des sols sont alarmants : entre 60 % et 70 % des sols de l’Union européenne se trouvent actuellement dans un mauvais état de santé biologique, chimique ou physique. Cette dégradation s’explique par plusieurs facteurs cumulés :

  • L’artificialisation et l’imperméabilisation : le recouvrement des sols naturels ou agricoles par du béton ou de l’asphalte lors des constructions urbaines, ce qui détruit définitivement la biodiversité locale et empêche l’eau de pluie d’infiltrer les nappes phréatiques.
  • L’érosion et la perte de matière organique : le travail intensif de la terre et l’absence de couverture végétale permanente entraînent le ruissellement et la disparition de l’humus, cette couche superficielle riche en nutriments.
  • Les pollutions chimiques et les tassements : l’accumulation de pesticides, de métaux lourds ou de résidus industriels, couplée à l’usage d’engins agricoles très lourds qui compactent le sol et l’asphyxient.

Comme le rappelle souvent le biologiste Photo : Atlantic Ambience sur Pexels.

Pour aller plus loin

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Sources

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